PROJET WHO ?

Nick Al Banam

Sophie Hébert - J'imagine que Nick Al Banam est un surnom... Son origine ?

Nick Al Banam - C'est un surnom qui date du lycée. Dans notre bonne bande de potes en Terminale, on avait tout un dialecte, des expressions d'où viennent notamment "Pepper" (The Pepper Machine), "en mâsse" (Salons du Rock en Mâsse). Nous avions tous des surnoms, "Flal" (car un flal, des flo...), Jojal, Hugal auquel était souvent rajouté "bonhomme". Donc "Nical bonhomme"... Nick Al Banam...

Sophie Hébert - Ton univers musical est résolument old school... Anti-Moderne, Nick Al Banam ?

Nick Al Banam - J'ai été plutôt bien éduqué musicalement, mes parents écoutent pas mal de choses différentes mais ont du goût pour les bonnes choses même si je n'aime pas tout ce qu'ils écoutent... C'est en bonne partie grâce à eux que j'ai connu Neil Young (Harvest), Pink Floyd, Thiéfaine, Higelin et beaucoup de Folk Rock anglosaxon. Dès la Première, au lycée, je suis parti sur cette époque 60's/70's. Avec les potes on jouait de la gratte et c'était déja Neil Young, Dylan, Cohen... Mais il faut faire la part des choses, je ne me suis jamais retrouvé dans ce qu'on nous vend de folk pour ce qui ressemble plus à de la variété acoustique surproduite très mièvre, peu profonde, assez facile mais bien sûr, comme toujours, des gens jouent en acoustique et font des choses magnifiques, il faut chercher un peu... Des choses comme Kings Of Convenience, Fleet Foxes et d'autres. Et puis si le oldschool transparaît sûrement dans notre musique ce n'est pas un choix artistique mais plus le résultat des influences qu'on a eues.

Sophie Hébert - Tu as remporté il y a peu avec ton groupe un tremplin plutôt coté en Bourgogne (le Dijon Live), quelles sont les portes que tu souhaites voir s'ouvrir désormais ?

Nick Al Banam - C'était mon premier tremplin, c'est un peu bizarre au début comme contexte. Une soirée avec plusieurs groupes à l'affiche, je connais, mais là, le contact n'est pas le même, il y a un peu compétition, qu'on le veuille ou non c'est dans l'air... Je suis évidemment très heureux qu'on ait remporté ce tremplin tous les trois, déja plusieurs dates à Dijon ont suivi et puis des rencontres avec des gens qui ont un pied dans la culture, dans la musique. On espère que comme son nom l'indique, ce tremplin nous élancera un peu plus en avant avec des dates, une meilleure visibilité mais de toute manière notre feuille de route reste la même, travailler, creuser, chercher, bouger, faire des bornes s'il le faut... Tout tenter, car rien d'autre pour nous trois, je pense, ne réunira autant de motivation et de foi que ça.

(Question libre) - Qu'est-ce qui te pousse autant à faire de la musique ?

Nick Al Banam - D'abord, c'est pour moi la base, la composition et tout son processus, ce moment magique où l'on trouve sans chercher, comme quand on se souvient d'un nom qu'on cherchait, ou de là où on a laissé ses clefs. A une époque j'ai passé du temps à essayer de comprendre ce qui provoquait ou empêchait l'inspiration, ce qui se passe quand ça vient, ce flash d'à peine une seconde où l'on voit tout ce qu'il faut faire, cette course presque anxieuse pour retranscrire ce qu'on a vu et ce sentiment si fort d'accomplissement quand on y arrive. Ca n'arrive pas souvent mais c'est tellement puissant que ça vous marque. L'autre point qui m'apporte énormément et où j'ai vécu des expériences dingues c'est la scène. J'aime arriver à vibrer vraiment sans aucune résistance devant les gens, quelque chose se passe sur un autre plan que le plan ordinaire des choses. Et ce qui est fou, par exemple, c'est quand à la fin d'un concert quelqu'un te parle d'un morceau, d'un passage, te donne son ressenti avec ses mots et que tu réalises que tu as ressenti exactement la même chose au même moment. Comme la spiritualité ça me parle beaucoup, j'aime bien voir ça comme l'âme qui vibre comme des cordes et qui met celles de certaines personnes en résonance...

Février 2014